DES ENJEUX ÉPINEUX SONT ENCORE À PRÉVOIR EN 2018, VOICI COMMENT NOUS TIRERONS NOTRE ÉPINGLE DU JEU...

Le 21 mars 2018

Dire que l’industrie des garanties de soins de santé a eu des défis à relever en 2017 serait un euphémisme. Certains enjeux carrément épineux ont ébranlé l’industrie – et le portefeuille des promoteurs de régime – au cours de l’année qui vient de s’écouler, et ils ne semblent pas près de se résorber : on prédit en effet que l’industrie continuera d’en subir les conséquences en 2018. Voici un résumé des mesures que GSC a prises l’an dernier – et qu’elle continuera d’appliquer en 2018 – pour tenter de tirer son épingle du jeu dans ce contexte.

Le défi : la lente adoption des biosimilaires

En 2017, le pipeline de médicaments a continué de produire des médicaments biologiques novateurs et d’autres médicaments coûteux. Pas besoin de boule de cristal pour prédire – voire affirmer avec certitude – que le secteur des médicaments biologiques continuera d’être l’un de ceux qui afficheront la croissance la plus rapide dans l’industrie pharmaceutique en 2018 et bien au-delà. Cela dit, le pipeline recèle d’autres médicaments forts prometteurs au chapitre de la croissance : les biosimilaires. Cette classe de médicaments offre plus de solutions de rechange aux membres du régime et génère des coûts plus bas pour votre régime. C’est, en somme, une option gagnante à tous points de vue. Pourquoi alors est-il difficile de stimuler l’adoption de produits biologiques au Canada?

Probablement parce que même s’il existe des données probantes convaincantes selon lesquelles l’innocuité et l’efficacité des biosimilaires se comparent à celles des médicaments biologiques d’origine, ces données sont peu connues et mal comprises. C’est peut-être parce que la plupart des données proviennent d’Europe et que le marché européen a une nette avance sur le marché nord-américain au chapitre de l’adoption des biosimilaires.

Par exemple, vous souvenez-vous de l’essai NOR-SWITCH dont nous avons traité dans le numéro de décembre 2016 du Fond de l’histoire? Dans cette étude norvégienne, aucune différence n’a été observée quant à l’aggravation de la maladie entre les patients qui sont passés à un biosimilaire et ceux qui ont poursuivi le traitement par le produit biologique d’origine1.


Le fait que les biosimilaires soient peu connus et mal compris a peut-être un effet d’entraînement, en ce que les payeurs de services des secteurs public et privé tardent à accorder un statut privilégié aux biosimilaires dans le cadre des régimes. Et comme les médicaments biologiques d’origine sont remboursés, les médecins sont sans doute moins enclins à changer leurs pratiques de prescription et continuent de privilégier ces médicaments au détriment des biosimilaires.


Heureusement, comme GSC fait une fixation sur les données scientifiques, nous en savons long sur le sujet; nous avons d’ailleurs été le premier grand fournisseur de garanties à accorder un statut privilégié aux biosimilaires. Nous constatons maintenant que certains régimes provinciaux d’assurance-médicaments nous emboîtent le pas : tout comme nous – et comme en témoignent les données probantes –, ils reconnaissent que les biosimilaires ont la même efficacité et la même innocuité que les médicaments biologiques d’origine, à coût moindre.

À l’aube de 2018, nous voyons d’autres bonnes nouvelles à l’horizon : de nouveaux biosimilaires font leur entrée sur le marché et les données probantes à l’appui du passage d’un médicament biologique d’origine à un biosimilaire se mutiplient, ce qui indique que les transitions ponctuelles d’un type de médicament à l’autre sont sûres et efficaces. Par exemple, dans le cadre d’une étude menée auprès de patients atteints de
polyarthrite rhumatoïde, aucun risque n’a été associé au passage de l’étanercept – un médicament biologique d’origine ayant pour nom de marque EnbrelMD – à un biosimilaire nommé BrenzysMC2.


Bien sûr, comme toujours, GSC suivra de près la publication de données probantes (nos analystes sont ravis de pouvoir maintenant inscrire cette tâche à leur « calendrier social » de la fin de semaine). À mesure que de nouvelles données s’accumuleront et justifieront un changement de politique, nous agirons en conséquence!

Le défi : s’attaquer à la question de la marijuana thérapeutique

En 2017, le débat de société entourant la légalisation de la marijuana à des fins récréatives a continué de faire
les manchettes. Évidemment, notre industrie s’intéresse particulièrement à la question de la marijuana thérapeutique et cherche à déterminer quel rôle celle-ci doit occuper au juste dans les régimes privés.

Depuis plusieurs années, GSC rembourse la marijuana thérapeutique au titre des comptes de frais pour soins
de santé. Tout au long de 2017, nous étions plongés dans l’examen des données scientifiques : nous voulions trouver plus d’options à proposer aux promoteurs de régime pour l’intégration dans leurs régimes de garanties de la marijuana thérapeutique utilisée selon les indications factuelles, mais qui permettraient d’exercer un degré de surveillance et de rigueur nettement supérieur à celui qui s’applique actuellement aux comptes de frais pour soins de santé.

Par exemple, l’une des conclusions de l’étude exhaustive menée en 2017 The Health Effects of Cannabis and Cannabinoids, The Current State of Evidence and Recommendations for Research est qu’il existe des données concluantes ou substantielles sur l’efficacité de la marijuana thérapeutique dans le traitement de la douleur neuropathique chronique, de la spasticité causée par la sclérose en plaques ainsi que des nausées et des vomissements causés par la chimiothérapie contre le cancer.

Par conséquent, la solution proposée pour 2018 (qui, vous vous en souvenez peut-être, a été évoquée dans le numéro de l’hiver 2017 de Perspective sur les prescriptions) est de considérer la marijuana thérapeutique comme une garantie indépendante qui, moyennant une autorisation préalable, peut faire l’objet d’un remboursement pour l’une des trois indications mentionnées plus haut (lesquelles s’appuient sur des données concluantes ou substantielles). Comme toujours, lorsque de plus amples données scientifiques témoigneront des bienfaits cliniques de la marijuana thérapeutique dans le traitement d’autres problèmes de santé, nous examinerons les nouvelles indications proposées comme nous le faisons pour les autres médicaments.

Le défi : une transition harmonieuse vers l’Assurance-santé Plus

Pour inciter l’industrie à se mettre à pied d’oeuvre et à organiser un remue-méninges entre ses plus brillants intervenants, rien de tel qu’une échéance particulièrement serrée. C’est exactement ce qui s’est produit après que le gouvernement de l’Ontario eut annoncé la création de l’Assurance-santé Plus le 28 avril 2017... et sa mise en oeuvre prévue pour le 1er janvier 2018 (waouh!).

GSC a travaillé étroitement avec l’Association canadienne des compagnies d’assurances de personnes (ACCAP) et ses membres ainsi qu’avec le ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l’Ontario (oui, des tonnes de loooongues réunions). Résultat? La mise sur pied d’un processus grâce auquel les membres du régime âgés de moins de 25 ans ne subiront aucune interruption de couverture. Pas mal pour un mandat qu’on devait boucler en huit mois!

En 2018, lorsque l’Assurance-santé Plus sera bien implantée et que les choses évolueront, nous suivrons la cadence. Nous serons également à l’affût des tendances générales qui se profilent dans ce dossier. Par exemple, est-ce que d’autres provinces mettront sur pied des programmes d’assurance-médicaments ou chercheront à étoffer des programmes existants? Et où en est le débat sur la création d’un programme d’assurance-médicaments national par le gouvernement fédéral?

Le défi : l’ampleur des enjeux liés à la santé mentale

En 2017, nous avons parcouru le Canada pour faire part de nos préoccupations à l’égard d’une tendance inquiétante et coûteuse. Les données relatives aux demandes de règlement reçues par GSC indiquent que les antidépresseurs sont prescrits massivement aux patients atteints de dépression légère ou modérée, ce qui génère des coûts élevés. Or, des données scientifiques révèlent que pour bon nombre de ces patients, le traitement de première intention ne devrait pas être des antidépresseurs, mais une psychothérapie combinée à de saines habitudes de vie.

Il existe des données probantes convaincantes à l’appui de l’efficacité des antidépresseurs, mais chez les patients atteints de dépression grave3. Pourtant, à cause de divers facteurs (notamment une faible observance aux antidépresseurs et la prescription de doses sous-thérapeutiques), les membres du régime atteints de dépression grave ne reçoivent pas nécessairement tout le soutien dont ils ont besoin alors que ce sont eux qui pourraient retirer le plus de bienfaits d’un traitement antidépresseur.

En plus de sensibiliser les gens à ces tendances – que nous appelons la médicalisation de la tristesse (voir le numéro de janvier 2017 du Fond de l’histoire) –, nous sommes passés en mode solution. Les techniques d’apprentissage de la pleine conscience sont de plus en plus souvent intégrées à la psychothérapie contre la dépression et l’anxiété (nous en avons parlé dans le numéro de novembre 2017 du Fond de l’histoire, comme vous vous en souvenez peut-être). Nous avons donc créé un nouveau module sur la pleine conscience, qui se trouve sur le portail Changerpourlavie! Et nous sommes ravis que des milliers de membres du régime aient consulté et mis en pratique le contenu du module au cours des semaines ayant suivi son lancement.

Trouver des moyens d’aider sans relâche les membres du régime à préserver une bonne santé mentale : voilà sans contredit l’une de nos grandes priorités pour 2018. Notre quête, c’est la prévention! Imaginez si nous pouvions un jour aider des membres du régime à éviter des problèmes de santé mentale potentiels!

Pour faire progresser ce mouvement de prévention, nous participons déjà à un projet pilote en collaboration avec la nouvelle Unité de recherche sur la santé mentale dans le milieu de travail de l’Institut de recherche en santé mentale, qui est affilié à l’Université d’Ottawa. Ce projet, qui se déroule avec l’appui des Instituts de recherche en santé du Canada, repose sur un outil de calcul du risque de dépression en ligne. Cet outil consiste en un sondage en ligne à l’intention des adultes qui ne souffrent pas d’un épisode dépressif majeur à l’heure actuelle. Après avoir répondu au sondage, la personne reçoit un rapport faisant état des questions posées et de ses réponses ainsi que de la probabilité qu’elle souffre de dépression majeure au cours des quatre prochaines années. Ce sont là des outils de sensibilisation et d’information fort utiles.

De plus, pour favoriser encore davantage la prévention, le rapport contient une recommandation. Par exemple, il peut encourager le répondant à discuter de ses résultats avec son médecin. Vous pouvez essayer l’outil en cliquant sur le lien ci-dessous. Et pour nous aider dans nos efforts de prévention, encouragez les membres de votre régime à l’essayerégalement : www.predictingdepression.com/survey/aftersurveys/action.

Assez épineux en effet...

Si les questions qui ont été à l’ordre du jour en 2017 conserveront leur caractère épineux en 2018, chacune d’elles prendra assurément de nouvelles dimensions. Qu’à cela ne tienne : nous poursuivrons notre lutte pour que 2018 se déroule en douceur!

Sources :
1 Biosimilar Infliximab (CT-P13) Is Not Inferior to Originator Infliximab: Results from a 52-Week Randomized Switch Trial in Norway, American College of Rheumatology, résumé no 19L. Consulté en novembre 2016 : http://acrabstracts.org/abstract/biosimilar-infliximabct-p13-is-not-inferior-to-originator-infliximab-results-from-a-52-week-randomized-switch-trial-in-norway/.

2 Long-term efficacy and safety in patients with rheumatoid arthritis continuing on SB4 or switching from reference etanercept to SB4,
Paul Emery, Jirˇí Vencovský, Anna Sylwestrzak, Piotr Leszczyn´ ski, Wieslawa Porawska, Barbara Stasiuk, Joanna Hilt, Zdenka Mosterova, Soo Yeon Cheong, Jeehoon Ghil, Annals of the Rheumatic Diseases, le 29 août 2017. Consulté en janvier 2018 : http://ard.bmj.com/ content/annrheumdis/early/2017/08/09/annrheumdis-2017-211591.full.pdf.

3 Antidepressant Use Has Gone Crazy: Bad News From the CDC, Psychiatric Times, Allen Frances, le 28 octobre 2011. Consultéen décembre 2016 : http://www.psychiatrictimes.com/blogs/antidepressant-use-has-gone-crazy-bad-news-cdc