Services pharmaceutiques – Revue de l’année 2016

Le 22 décembre 2016

Je vous souhaite la bienvenue à notre table ronde, qui regroupe des membres de l’Équipe de services pharmaceutiques de Green Shield Canada, soit Sal Cimino, Ned Pojskic, Leilany Mandlsohn, ainsi que David Willows, notre vice-président, Solutions de marché stratégique.

David : En 2015, nous avons écrit beaucoup de choses sur les médicaments contre l’hépatite C, qui ont entraîné une explosion des coûts dans cette catégorie de médicaments. Que s’est-il passé avec les médicaments contre l’hépatite C en 2016?

Sal : J’examinais récemment les données concernant les promoteurs de régimes importants et j’ai noté une chute considérable du nombre de demandes de règlement et des coûts. Une bonne partie de ces effets avait été anticipée en raison des paramètres démographiques du régime. Les membres d’un régime qui faisaient partie de la « vague d’hépatite » en raison de leur âge ont été traités et ne présentent plus de demandes à ce sujet. Leila, avez-vous gardé un œil sur le reste de notre portefeuille d’affaires?

Leila : Oui! Globalement, la croissance des dépenses pour les médicaments de spécialité a ralenti comparativement à l’année 2015, qui a été très éprouvante sur ce plan. Les dépenses continuent d’augmenter, mais à un rythme moins inquiétant que l’année dernière. Étant donné qu’un nombre inférieur de membres de régime commencent désormais à prendre des médicaments contre l’hépatite C, la réduction est largement attribuable à une légère diminution de l’utilisation de ces médicaments. On note aussi une réduction du coût par demandeur pour les médicaments contre l’hépatite C.

Ned : On doit aussi souligner que les payeurs nous indiquent que 70 % des coûts de médicaments contre l’hépatite C sont maintenant réglés par les régimes publics, et que 30 % restent la responsabilité des régimes privés.

David : Si le taux d’utilisation et les coûts des médicaments contre l’hépatite C sont à la baisse, quel est l’avenir de ces médicaments?

Leila : À ma connaissance, certaines provinces qui ne payaient jusqu’à maintenant que pour les cas les plus graves pourraient assouplir leurs critères pour les cas moins graves. L’objectif est d’éradiquer cette maladie, purement et simplement.

En ce qui concerne l’avenir de ces médicaments, nous assisterons en général à une réduction lente, mais constante du nombre de demandes de règlement, parce que nous allons maintenant traiter un groupe de patients différent. Les coûts vont donc continuer de diminuer, mais les médicaments contre l’hépatite C demeureront l’une des catégories de médicaments les plus dispendieuse. Les nouveaux médicaments contre l’hépatite C qui seront lancés sur le marché devront être proposés à prix concurrentiels et offrir des durées de traitement encore plus brèves.

David : Très bien. Si 2015 a été l’année de l’hépatite C, quel sera le sujet principal en 2016?

Sal : La situation sur le plan des coûts demeurera sensiblement la même. Je ne pense pas que cela soit une surprise, mais les dépenses générales pour les médicaments ont considérablement augmenté au cours des quelques dernières années. La phase d’expiration des brevets est terminée et on prévoit qu’un moins grand nombre de médicaments génériques seront lancés pour compenser les coûts de tous les nouveaux médicaments à coût élevé qui entrent sur le marché. 

Leila : Au cours des cinq dernières années, le coût moyen par demande de règlement pour des médicaments biologiques a augmenté de 25 % comparativement à celui des médicaments non biologiques, pour lesquels le coût moyen par demande de règlement a diminué de 2 %, ce qui est compréhensible. Alors, pour ajouter aux propos de Sal, mentionnons qu’il y a  une réduction du nombre de médicaments génériques et de médicaments non biologiques lancés sur le marché.

Sal : Il faut que nous discutions de nouveaux médicaments biologiques pour le contrôle du cholestérol.

David : Si je comprends bien, notre approche consiste à évaluer l’observance au traitement de première intention avantd’approuver l’accès à des médicaments biologiques plus coûteux?

Sal : Oui. Nous autorisons les demandes de règlement pour les inhibiteurs de PCSK9 [médicaments biologiques pour le contrôle du cholestérol] lorsque nous avons la preuve que le patient n’a pas atteint son objectif pour le cholestérol, même s’il suit sa thérapie à base de statines.

Leila : Nous faisons cela parce que les statines sont des médicaments très efficaces et que les patients peuvent souvent traiter avec succès leur hypercholestérolémie s’ils observent leurs directives thérapeutiques avec les statines, sans qu’on doive ajouter un médicament biologique dispendieux.

Sal : Exactement.

David : Les médecins sont-ils indisposés que nous n’approuvions pas certaines de ces demandes de règlement, même s’ils avaient prescrit le médicament biologique?

Sal : Non. Dans le cas de Repatha, plus spécifiquement, nous avons reçu plusieurs demandes de reprise de traitement d’ordonnances de la part de certains médecins, surtout parce qu’ils ne nous transmettent pas tous les renseignements dont nous avons besoin pour faire une évaluation adéquate de la couverture. Nous n’approuvons pas ces demandes de règlement avant d’avoir obtenu les renseignements nécessaires. D’autre part, les demandes de règlement portant sur Praluent, le dernier inhibiteur de PCSK9 qui a été mis sur le marché, sont beaucoup plus rationalisées et sont remplies de la façon appropriée. Nous n’avons reçu virtuellement aucune demande de reprise de traitement d’ordonnance pour ce produit.

David : Ceci nous amène au sujet de notre réseau de pharmacies privilégiées [RPP] pour les médicaments de spécialité, que nous avons mis sur pied il y a environ 18 mois. Quelles ont été sa croissance et sa progression? Quels commentaires avons-nous reçus à son sujet?

Sal : Je pense que les choses se sont déroulées sans accroc durant la première année. Les questions et les préoccupations que l’on nous a transmises ont été traitées très efficacement par HealthForward [notre partenaire RPP]. Les nouveaux clients de GSC participent et s’inscrivent rapidement, ce qui représente un succès pour nous.

David : Quels sont les pourcentages de participation?

Ned : Dans le cas de notre groupe de clients traditionnels, plus de 90 % de notre portefeuille d’affaires fait partie du  RPP. Très peu de clients ont refusé de s’inscrire; faire partie du RPP est donc la norme.

Sal : Et certains promoteurs de régime ont établi leur propre RPP, qu’ils considèrent comme suffisant. Il s’agit de réseaux de pharmacies privilégiées pour tous les médicaments, et non seulement les médicaments de spécialité. Même sans les services supplémentaires fournis par HealthForward, il existe donc un niveau intégré de protection des coûts.

David : Nous pensions que nous prenions un risque en établissant un RPP « obligatoire ». Nous étions d’avis que demander aux membres de régime de changer de pharmacie pourrait soulever des problèmes, mais je n’ai pas eu connaissance de beaucoup de commentaires négatifs concernant l’expérience client.

Ned : Oui, la transition s’est faite sans heurt et les choses se passent bien. La moitié des membres d’un régime n’ont pas eu à changer de pharmacie, et ceux qui ont été obligés de le faire semblent satisfaits de leur nouvelle pharmacie et de l’expérience client qu’ils y vivent.

David : Y a-t-il d’autres sujets concernant l’année 2016 dont nous devrions parler?

Ned : Nous continuons d’analyser l’impact du grand nombre de nouveaux médicaments pour maladies chroniques qui émergent sur le marché. Plus précisément, presque chaque catégorie de maladies chroniques pourra être traitée à l’aide d’un médicament de spécialité à coût élevé. Et ces médicaments commencent à peine à être prescrits. Ce sera une intéressante histoire à suivre. Que ferons-nous pour convaincre les patients de continuer à prendre les médicaments moins coûteux qui sont encore efficaces? Notre approche concernant les inhibiteurs de PCSK9 prend encore plus d’importance. Est-elle applicable à d’autres médicaments pour des maladies comme l’asthme ou le diabète? Allons-nous continuer d’invoquer la responsabilité personnelle et de refuser des demandes de règlement dans les cas où l’observance des thérapies à l’aide de médicaments classiques moins coûteux, mais moins efficace, est faible? Nous allons devoir continuer de creuser ces questions et en parler à des conseillers et à des promoteurs de régime au début de la nouvelle année.